Bentley Continental GTC V8S entre Sport et Relaxation

Si pour la plupart des non-initiés, la marque Bentley évoque des images de cuir et de bois emplissant des limousines aristocratiques distinguées et extrêmement raffinées, cela ne colle pas totalement avec la réalité.

Car Bentley fut avant tout une marque à vocation sportive qui a notamment remporté les célèbres 24 heures du Mans à 6 reprises. De ce point de vue, le coupé Continental GT aux prétentions sportives revendiquées est le descendant le plus cohérent avec cette époque.

Pour découvrir comment Bentley exprime réellement ce dynamisme sur la route, nous avons pris les commandes de la dernière Continental GTC V8S qui, vous l’avez remarqué, est un cabriolet. N’y voyez aucune entorse avec l’histoire évoquée plus haut puisque les Bentley 3l, 4 ½ l et Speed Six vainqueurs du Mans ne laissaient au dessus de la tête de leurs occupants que la voute céleste elles aussi !

Indispensable capote de toile 

Ce qui séduit dès les premiers kilomètres, c’est la qualité d’insonorisation exceptionnelle de la capote à triple épaisseur qui offre, en plus de ça, une ligne très particulière à cette GTC.

La sensation au toucher offerte par une capote toilée et son doublage feutré ne pourra jamais être égalé par une toiture en dur, c’est à se demander pourquoi certains choisissent d’alourdir encore plus leurs autos avec ces élements rigides rarement esthétiques.

Cette capote s’efface en 25 secondes et ce, jusqu’à 30 km/h, ce qui offre à la Continental GTC un profil encore plus irrésistible. Pas de débat possible, une auto de cette trempe se doit de posséder une capote toilée pour conserver une forme de raffinement indispensable.

Luxe intérieur

Je dois avouer, j’ai menti. En effet, la véritable première émotion que l’on ressent en ouvrant la lourde porte de la Continental transite par les… narines !

En effet, il existe une multitude de cuirs dans l’industrie automobile mais aucun n’enbaume l’atmosphère comme une peau d’Outre-Manche. Les Anglais sont réellement les maîtres dans le domaine et en plus d’une qualité d’aspect et de matériau, la sellerie arrive à vous étourdir de ses effluves.

Forcément, après un tel accueil, le sourire est de rigueur, d’autant plus que la découverte est loin d’être terminée. Il semble qu’aucune partie mobile de l’habitacle n’échappe à l’électrification, le dessin de la planche de bord qui évoque subtilement le logo ailé de Bentley évite les effets gratuits pour mieux mettre en valeur le carbone (ou le bois) et l’aluminium qui l’égayent.

Certaines productions récentes offrent plus de technologies embarquées, une connectivité et une infinité de fonction voire des combinés d’instrumentation entièrement numériques mais après avoir manipulé ces boutons d’aluminium et de chrome, effleuré ce cuir surpiqué, sonder la profondeur des inserts de carbone, on en vient à se demander si le grand luxe peut réellement faire abstraction de toutes les commandes « manuelles » qui obligent au toucher de matières nobles et travaillées.

Ces modernités, tels ces écrans tactiles au contact sans chaleur n’enlèveraient-elles pas une part de prestige et de luxe à ces voitures si singulières ? A moins que ce soit une question d’époque et d’âge du capitaine ? L’avenir nous apportera la réponse mais Bentley n’a pas encore tranché et l’écran tactile présent peut aussi se commander via des molettes serties de métal et quelques boutons.

Sur ce genre de modèle, l’habitacle est toujours réalisé selon les goûts du client, inutile donc de juger celui mis à notre disposition. Sachez simplement que les artisans de la maison de Crewe seront à l’écoute de tous vos désirs et que la seule constante que l’on retrouve sur chaque modèle sortant de l’usine, c’est la qualité des ajustages et la finition au-dessus de tout soupçon. Pour le reste, votre imagination et votre budget dicteront les créateurs.

Caractère onctueux

Sous le capot, nous ne disposons pas de l’imposant et puissant W12 mais de l’évolution du « petit » V8 qui offre tout de même 528 ch et 680 Nm de couple dès 1700 tr/mn. Cette V8S en profite pour être un peu plus légère du nez sans toutefois se transformer en ballerine puisqu’elle tutoie les 2.5 tonnes !

Ces simples caractéristiques suffisent à se faire une idée assez précise du caractère de notre Anglaise qui n’a de sportif que sa capacité, lors d’une accélération franche, à renverser la tasse de thé que les 3 passagers – les places arrière sont très accessibles – auraient eu le tort d’emporter.

Pour abattre un 0 à 100 km/h, les 4.80m de notre yacht de la route ne réclament que 4.7s, preuve de l’efficacité des 4 roues motrices et de la vigueur de ce V8 4.0l biturbo dont le ronflement expressif va charmer les clients les plus sportifs, un peu moins les mélomanes adeptes de grande musique.

Vient avec le premier virage le chapitre du comportement et plus particulièrement celui de la suspension pilotée paramétrable selon 4 positions. Après quelques allers-retours entre Confort et Sport, vous en arrivez à la conclusion que la première position est la meilleure. Elle évite les trépidations inutiles qui pourraient gâcher le plaisir et troubler le nuage de lait qui recouvre le thé dont nous parlions plus haut.

La Continental GTC V8S pourvue d’une boîte automatique ZF à 8 rapports d’une douceur ouatée n’est de toutes façons pas conçue pour brusquer ses occupants, ni être brusquée elle-même. Elle sera par contre la plus extraordinaire et sereine des voyageuses rapides et un compagnon idéal des balades (en bord de mer ou ailleurs) pour peu que le soleil soit au rendez-vous.

Les températures fraiches ne seront pas un écueil car des sièges et du volant chauffants au pulseur d’air chaud dans la nuque, tout est fait pour que vous ne subissiez jamais ce qui se passe au dehors du périmètre de l’habitacle, capote ouverte ou pas. Inutile de préciser que la sono signée Naim pourra tenir compagnie et flatter l’oreille du conducteur esseulé.

Vous l’avez compris, la conception toute britannique de la « voiture de sport » est à mille lieu de celle par exemple de leurs voisins allemands qui, rappelons-le, détiennent pourtant la plupart des marques anglaises de prestige.

Ne nous reste plus qu’à espérer que cette différence si bien cernée par les responsables du groupe VW lors du rachat de la marque en 1998 perdure dans le temps pour qu’une Continental continue de transporter ses occupants, certes, d’un point A à un point B mais aussi dans un autre univers plus onirique, avec ce soupçon de détachement qui fait toute la saveur de nos voisins Anglais.

Patrick Garcia

Crédit photo: Patrick Garcia

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